Les accidents qui vous guettent ce soir …

Groupe ACN Joyeuses fetes 2018Huîtres, bouchons de champagne, alcool… petit aperçu des pièges à éviter lors de cette soirée de réveillon.

Huîtres, toaster… Ces accidents qui ruinent un réveillon

On ne voudrait surtout pas porter la poisse, mais sachez que ce 31, c’est un soir risqué. La période des fêtes est propice aux accidents bêtes qui finissent parfois mal. Le bouchon de champagne qui atterrit dans l’œil, le drame de l’ouverture des huîtres… Gaffe aussi au toaster qui prend feu, aux épines du sapin ou encore aux baies de houx, alerte sérieusement la très officielle Commission de la sécurité des consommateur

Les accidents domestiques sont la troisième cause de mortalité en France, 20 000 personnes en meurent chaque année. C’est cinq fois plus que les accidents de la circulation et vingt fois plus que les accidents du travail. Tout âge et toutes causes confondus, 11 millions de personnes sont blessées chaque année, dont 4,5 millions finissent aux urgences. C’est un problème de santé publique, l’Invs (Institut de veille sanitaire) a d’ailleurs une équipe dédiée sur ces questions, chargée de mener des études épidémiologiques et des campagnes de prévention. L’institut publie une enquête annuelle, à partir de données collectées dans une dizaine d’hôpitaux (1). Petit florilège des dangers du 31.

Le bouchon de champagne (variante: mousseux et cidre)

Il n’existe pas de chiffre fiable recensant les accidents de bouchon, mais Béatrice Cochener, présidente de l’académie française d’ophtalmologie et chef de service au CHU de Brest, nous l’assure: «C’est un traumatisme bien connu, tous mes confrères vous le diront: c’est un classique». Le bouchon dans l’œil serait dans le top quatre «des traumas oculaires à globe fermé», avec les balles de tennis, de squash et de paintball.

Un bouchon de champagne peut faire de gros dégâts, irréversibles: implosion de l’œil, avec perte de la vue. «Dites bien à vos lecteurs de contrôler leur joie au moment d’ouvrir la bouteille, et de faire attention de la manière de la tenir», insiste Béatrice Cochener. Elle nous apprend au passage que les risques diminuent quand le champagne est de qualité. «C’est logique, le danger tient aussi à la grosseur des bulles…» Avec un mauvais mousseux ou un cidre premier prix, vous avez donc plus de chance de perdre un œil.

Les huîtres

Autre grand classique des fêtes, les accidents d’huître. Dans sa dernière enquête, l’Invs évalue à 2000 le nombre de blessés finissant aux urgences à cause d’une pauvre huître. C’est une estimation sur l’ensemble de l’année, un quart a lieu le soir du premier de l’an. Dans neuf cas sur dix, les blessés se font des écorchures ou des lésions de tendons ou de muscle. C’est rarement grave, seuls 7% des cas répertoriés ont été hospitalisés. Ce sont surtout les hommes qui se font mal, trois fois sur quatre quand même

L’alcool et la voiture

Comme chaque année, les associations de prévention mettent le paquet avant les fêtes. On voit ressortir l’ami Sam (celui qui conduit mais ne boit pas), les distributions gratuites d’éthylotests un peu partout… L’année dernière, 17 personnes sont mortes dans la nuit du premier de l’an. «C’est moins qu’il y a dix ans, le réveillon de fin d’année est moins meurtrier aujourd’hui», note la délégation à la sécurité routière qui appelle cependant la vigilance. L’alcool est souvent en cause. Sur les cinq dernières années, dans 50% des accidents mortels les soirs du 31 et le 1er, le conducteur avait consommé de l’alcool, contre 30% le reste de l’année.

Sur les routes, le week-end le plus meurtrier reste celui de la Pentecôte, avec le lundi chômé. 33 personnes sont mortes en 2013 et 52 en 2012.

Les feux d’artifice

Bon, vérification faite, les accidents de feux d’artifice surviennent surtout en été. Sur l’échantillon de 905 402 accidents de la vie courante enregistrés entre 2004 et 2011 par l’Invs, 252 étaient des accidents mettant en cause des artifices de divertissement. Près de la moitié a eu lieu en juillet (46 % des accidents), 11 % en décembre et 12 % janvier. Le plus souvent, les blessés se sont brûlés (53%). Souvent les mains, mais parfois aussi l’oreille (8%) le globe oculaire (25%) et plus rarement les fesses (0,8%). Après leur passage aux urgences, 6% des personnes ont été hospitalisées, pour une durée moyenne de 3 jours

Le chauffage

L’intoxication au monoxyde de carbone, c’est un fait divers de saison. Pas faute pourtant de rabâcher les consignes de sécurité. Chaque année, les autorités publiques ressortent leurs dépliants. Avec une centaine de décès chaque année, cette intoxication est la première cause de mortalité par toxique en France. Selon les données de l’Institut de veille sanitaire, près de neuf intoxications au monoxyde de carbone sur dix ont lieu de manière accidentelle dans l’habitat. La chaudière est la source d’intoxication la plus fréquente (42,4 % des cas d’intoxications). Une intoxication sur quatre est due à un appareil non raccordé, le plus souvent utilisé de manière inappropriée : un chauffage mobile d’appoint utilisé de façon prolongée, un groupe électrogène ou un barbecue fonctionnant dans un espace clos.

Les guirlandes, le grille-pain, le siphon à crème chantilly…

La Commission de la sécurité des consommateurs, une autorité administrative indépendante, était très inspirée cette année. Elle a publié un communiqué mi-décembre dans laquelle elle recense tout un tas d’accidents flinguant un réveillon«Attention aux paillettes, brins de guirlandes, épines de sapin, baies de houx, de gui et autres branchages décoratifs qui, tombés à terre, peuvent être ingérés par les enfants.» Et, «manipulez votre siphon à crème chantilly avec précaution.» Il serait à l’origine de blessures à l’œil, au cou, au thorax, aux mains. Le plastique de la tête dans laquelle s’insère la cartouche de gaz ne serait pas assez résistant, précise le communiqué, et, sous la pression, l’embout est éjecté. Contacté pour connaître le nombre d’accidents, la commission a regretté qu’ils ne soient pas comptabilisés.

A toutes fins utiles. Le 18, c’est pour les urgences de secours survenant sur la voie publique. Le 15 d’un téléphone fixe ou le 112 d’un portable pour les urgences médicales pédiatriques et adultes, y compris les empoisonnements. Et le 114 pour les personnes malentendantes ou ayant du mal à parler. Bon réveillon.

Source : https://www.liberation.fr/societe/2014/12/31/les-accidents-qui-vous-guettent-ce-soir_1172402

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